Petites présentations

Je suis Nathalie Mirou, entrepreneure dans la Mode éthique, et je suis certainement l’un des profils les plus atypiques que vous n’ayez jamais rencontré.

Originaire de la banlieue parisienne, où j’ai grandi et, après mon échec au bac scientifique, je suis partie vivre en Moselle à l’âge de 18 ans. Bien que je me sois inscrite d’emblée dans un de leurs lycées, je me suis très vite retrouvée confrontée à un problème de taille : je m’ennuyais à l’école ! Si bien que mes parents ont cessé de me soutenir moralement et financièrement. La réalité c’est que je ne voulais pas arrêter mes études, mais vraisemblablement, quelque chose clochait dans notre relation, entre le système scolaire et moi.

Durant mon éducation, alors que m’a été enseignée une double culture, iranienne par ma mère et française par mon père, j’ai très souvent été tiraillée entre des choses complètement différentes. A cet âge-là, j’hésitais entre la médecine et la mode. En Iran, l’éducation est plus stricte, et quand on voit le nombre de médecins qu’il y a dans ma famille, on voit d’où m’est venue cette envie. Mais j’ai grandi en France et j’ai toujours été attirée par les métiers créatifs. D’autant que la France est un pays où la liberté d’expression est présente et il m’est plus facile d’exprimer ma créativité.

J’ai donc dû trouver mon premier job alimentaire à l’âge de 19 ans, pour subvenir à mes besoins : j’étais femme de ménage pour la mairie de ma commune et j’habitais dans un foyer (en CHRS, puis en FJT). Bien entendu, j’ai fait ce que peu de personnes ont le courage de faire : je me suis inscrite au bac S, en candidature libre. Le problème, c’est qu’à l’âge que j’avais, alors que je sortais à peine de l’adolescence, j’étais pleine d’incertitudes et je n’avais pas tout le soutien qu’une jeune personne de mon âge avait réellement besoin. Du coup, j’avais la fâcheuse manie de me rendre malade avant de me rendre à mes examens, et je n’allais pas jusqu’au bout. A chaque fois, je me faisais excuser chez le médecin, et je me rendais à la session de remplacement, sans y aller au bout. C’est de cette façon que j’ai appris que chaque matière où j’avais eu au moins la moyenne, je pouvais les valider et je disposais de 5 ans pour obtenir mon diplôme.

Alors que j’avais eu un soucis avec ma banque, j’ai dû me trouver un job. J’étais comme condamnée aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration. J’ai donc pris conscience que si je voulais évoluer, il me fallait soit un diplôme, soit créer mon expérience, que je pensais réalisable par le biais de stages. J’ai donc fait un stage dans la vente de lingerie. Malheureusement, je n’ai pas réussi à en trouver d’autres, puisque je n’avais aucun diplôme dans la vente.

J’ai fini par avoir mon bac –en kit- scientifique (grâce aux matières littéraires, et notamment avec 15 en philo !) à l’âge de 22 ans, et à la session de remplacement, bien entendu ! En parallèle, j’ai enchaîné les petits boulots : dans la restauration, l’animation, le secrétariat, etc.  J’ai fini par m’inscrire à la fac de droit.  Evidemment, je ne me suis pas rendue à mes examens. Puis, j’ai fini par m’inscrire une bonne fois pour toute dans cette fac de droit et, vous savez quoi ? J’ai eu ma première année du premier coup, sans passer par la case rattrapages. C’était une deuxième victoire pour moi.

Malheureusement, la deuxième année ne s’est pas aussi bien passée. En bonne étudiante, et parce que j’étais en rupture familiale, j’ai lutté pour avoir le droit à la bourse. J’essayais également de trouver un stage juridique, puisque nous en avions la possibilité. Malheureusement, sans un master ou un piston, ce n’est pas la peine d’y songer. En attendant, j’ai décroché un job étudiant en tant que conseillère mutualiste pour la sécurité sociale étudiante, à temps plein, puis par mission. C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais besoin de travailler pour subvenir à mes besoins, mais que je devais trouver une solution pour que mon job soit suffisamment flexible pour que je puisse le concilier avec mes études. J’ai donc commencé à songer à la création d’entreprise, sans vraiment oser me lancer.

Pour la petite histoire, j’étais inscrite en droit à Metz et en gestion, à distance, à Montpellier.

Les rencontres se sont ensuite enchaînées. D’abord une chargée de TD en droit administratif, qui a été ma principale source d’inspiration, puisqu’elle était jeune, jolie, dynamique, brillante et surtout, elle faisait “plein de choses en même temps” !
J’ai ensuite rencontré un étudiant étranger qui avait une spécialisation dans l’entrepreneuriat, durant son master en ingénierie. Alors que j’ai démissionné de la sécurité sociale, pour faire un stage en maison d’édition au Luxembourg, soit 40h/semaine -sans compter les trajets depuis Metz- je faisais des réunions hebdomadaires autour de fast-food avec cet étudiant, qui est devenu mon ami, puisqu’il voulait m’aider à me lancer dans l’entrepreneuriat.

En 2015, le nouveau statut national étudiant-entrepreneur était entré en vigueur depuis un an, et grâce à l’aide de mon ami, j’ai non-seulement obtenu ce statut, mais j’ai été sélectionnée pour intégrer leur programme de formation à l’entrepreneuriat étudiant. Je ne m’attarderai pas plus sur cet organisme, qui ne m’a laissé comme bons souvenirs que quelques personnes que j’ai rencontrées. Cette formation m’aura juste permis de me rendre compte de mon potentiel entrepreneurial, mais surtout : elle m’aura permis de confirmer que mes idées dérangent, parce que je ne suis pas le mouvement moutonesque* de cette société ! En tout cas, quand j’ai une idée en tête, je ne me laisse pas faire et heureusement.

Après un deuxième échec en deuxième année de droit, j’avais tout de même obtenu le statut AJAC (ajourné mais autorisé à continuer), pour passer en L3. J’ai été dispensée pour mes épreuves en gestion, pour passer mes épreuves en droit et pour suivre ma formation en entrepreneuriat. J’ai donc entamé une année de césure ! Je me suis dit qu’il était temps pour moi de prendre un an, et non seulement d’apprendre à me connaître, mais aussi commencer à exercer toutes les disciplines que je n’avais jamais osé pratiquer.

J’ai d’abord été prise en formation au Greta CDMA, en stylisme, à Paris. Puis, parce que je voulais investir dans un projet immobilier, j’ai signé un CDI chez Mcdo ! Malgré toutes mes démarches, je n’ai trouvé aucun financement et, en plus du prix onéreux de ma formation, j’ai également payé des aller-retours hebdomadaires entre Metz et Paris, avec ma carte jeune ! Heureusement d’ailleurs qu’en cours d’année, a été mis en place le TGV max.
J’ai donc pris conscience de la chance qui s’est présentée à moi que d’avoir signé un CDI ! Je me suis dit qu’au bout d’un an d’ancienneté, j’allais pouvoir solliciter le Fongecif pour prendre un congé formation et avoir un maintien de salaire.
Peine perdue ! Alors que ma candidature a été retenue pour suivre une Prépa Mode (la seule en France) à Lyon, je ne remplis pas (et aujourd’hui, j’ai atteint les 11 mois et 1 semaine d’ancienneté) les conditions pour y prétendre…

J’ai également co-créé une association, PAPER (Promotion Active de Projets Ethiques et Responsables) avec 7 autres personnes et nous faisons de la promotion de projets dans la Mode, la Gastronomie et l’Architecture ! Les membres de l’association sont en majorité des personnes qui ont rencontré des situations de décrochages scolaires, et l’idée est de les accompagner eux, et les personnes en reconversion professionnelles, dans l’élaboration de leur projet professionnel. Le but étant de créer une communauté de créateurs éco-responsables, à travers nos activités.

Voilà les grandes lignes de mon parcours !

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